Le passage en société : mode d’emploi

Le passage en société présente des avantages fiscaux indéniables dont avions dressé un bref aperçu dans le dernier numéro. Il nous restait à détailler les principaux motifs, de même que les risques et les formalités concrètes qui accompagnent cette démarche dans un bref guide pratique.

Pourquoi le passage en société

Nous l’avons vu précédemment, le passage en société présente un avantage fiscal indéniable en comparaison de l’exercice d’une activité identique en personne physique puisque moyennant une planification minutieuse, les différences en termes d’impôt peuvent atteindre, voire dépasser 20%.

Le lecteur sera néanmoins attentif au fait que la société est une personne morale, différente de ses actionnaires et de ses dirigeants, elle poursuit une existence propre et dispose d’un patrimoine distinct. Le dirigeant devra donc être attentif à cette particularité et ne pas considérer sa société comme un puits sans fond, dans laquelle il peut puiser sans limite, au risque d’aller au-devant de graves ennuis.

En effet, il nous semble indispensable de préciser que le passage en société implique une préparation prudente, notamment en ce qui concerne la détermination d’une politique de rémunération. Si l’indépendant qui exerçait son activité en personne physique pouvait « puiser dans sa caisse » sans trop de conséquences, il faudra planifier à l’avance les besoins du ou des dirigeant, pour que l’optimisation fiscale soit assurée.

Mais le passage en société ne se réduit pas à l’impôt sur les revenus, il peut procurer d’autres avantages fiscaux, comme celui de l’exonération d’impôt lors de la cession des parts de la société, d’une réduction de la charge successorale en cas de transmission de l’entreprise à la génération future ou encore, de la réduction des droits d’enregistrements si la société qui est cédée possédait des actifs immobiliers.

Le passage en société permet également de faciliter l’exercice d’une activité à plusieurs, grâce aux organes de gestion qui organisent la prise de décisions en son sein selon des règles établies par les statuts. La société peut également être organisée de manière telle qu’elle permet aux associés d’y entrer ou de la quitter moyennant des modalités qui sont fixées à l’avance.

Le passage en société offre enfin à ses dirigeants et fondateurs, le bénéfice de la responsabilité limitée ce qui sous certaines réserves, évitera leur mise en cause en cas de faillite de l’entreprise.

Quand mettre en oeuvre le passage en société ?

Le moment qui conduit au passage en société est difficile à déterminer. En effet, chaque indépendant mène son activité de manière différente et le succès n’est jamais garanti. Il arrive que l’activité ne soit pas immédiatement rentable ou que celle-ci se développe en phases passant d’une activité complémentaire à une activité complète.

Or la constitution de la société et surtout son maintien, présentent un coût supérieur à celui des indépendants exerçant leur activité en personne physique : la comptabilité doit être tenue de manière plus scrupuleuse, des bilans doivent être établis et déposés à la BNB, des assemblées générales doivent être organisées chaque année, etc. Ces formalités peuvent générer des charges annuelles nettement plus élevées qu’en personne physique. Si l’intervention d’un comptable peut être vue comme facultative à l’impôt des personnes physiques, elle s’impose indiscutablement lors du passage en société. 

S’il est parfois annoncé qu’un minimum de chiffre d’affaires minimum de 80.000 EUR à 100.000 EUR par an est indispensable, le passage en société peut s’envisager à tout moment de l’exercice de l’activité professionnelle, même dès le démarrage de celle-ci.  

Les conséquences liées à la création de la personne morale doivent également entrer en compte lors de la prise de décision. En effet, si l’activité périclite rapidement ou si le fondateur décide de se réorienter, saisir une opportunité de carrière ou partir à l’étranger, il devra mettre la société en veille ou en liquidation, ce qui engendrera des coûts supplémentaires à prendre en considération.

La forme de la société

La société constituée peut adopter plusieurs formes : la société à responsabilité limitée (SRL), la société anonyme (SA) et la société coopératives (SC) sont les formes de sociétés à responsabilité limitée que connaît le Code des sociétés et des associations (CSA). Il existe également des sociétés à responsabilité illimitée que sont la société en nom collectif (SNC), la société en commandite (Scomm) et la société simple.

Si l’impôt est commun à toutes ces sociétés et n’influencera pas le choix de la forme, le coût de constitution et la responsabilité qu’imposent ces sociétés sont différents.

En effet, les sociétés à responsabilité limitée impliquent la signature d’un acte notarié, l’établissement d’un plan financier et parfois aussi, un capital de départ minimum (pour la SA). Elles coûtent donc plus cher à constituer.

Ces sociétés procurent néanmoins la responsabilité limitée à leurs dirigeants qui, sauf le cas d’une faute de gestion, ne pourront pas être inquiétés en cas de défaut de la société. Le choix de la forme dépendra de la nature de l’activité, bien que la SRL soit aujourd’hui la plus utilisée.

Depuis la réforme du droit des sociétés en 2019, la constitution d’une société à responsabilité limitée ne requiert plus de capital de départ (sauf pour les SA). Le plan financier qui doit être établi lors de la constitution permettra le cas échéant de mettre en cause la responsabilité des fondateurs, s’il apparaît que le capital minimum était insuffisant pour garantir au moins deux années d’activité.

Sous cette réserve et bien que le passage devant un notaire et l’assistance d’un comptable présentent un coût, la constitution d’une société à responsabilité nous apparaît comme étant la voie royale et doit être privilégiée aux sociétés à responsabilité illimitée qui font peser un risque financier très important sur leurs associés.

Conclusion

La société poursuit une existence qui lui est propre, indépendante de ses dirigeants et de ses actionnaires. Elle n’en demeure pas moins un puissant véhicule d’optimisation fiscale et apporte de nombreux autres avantages à l’exercice d’une activité professionnelle, il serait donc dommage de s’en passer.

Nous l’avons vu, le passage en société est une opération courante, mais qui demeure néanmoins empreinte d’une certaine complexité. Il nous semble indispensable de s’attacher les services de professionnels (comptable, notaire, avocat) lors de mise en œuvre de cette opération.

Jérôme HAVET, avocat spécialiste en droit fiscal

Passer en société en 2024, une bonne idée ?

Il y a dix ans, le gouvernement DI RUPO annonçait la fin des disparités entre l’exercice d’une activité en personne physique et en société. Force est de constater que le législateur avait initié le mouvement en adoptant une série de mesures qui visaient notamment à atténuer l’intérêt de passer en société : accroissement des taux du précompte mobilier sur les dividendes à 30%, révision de la méthode de calcul des « avantages de toute nature » liés à l’occupation gratuite d’un immeuble mis par une société à la disposition de son dirigeant, modification des règles de déduction des frais liés à l’acquisition des véhicules de société, etc. Toutes ces mesures ont-elles réellement gommé tout intérêt pour l’exercice d’une activité professionnelle en société, rien n’est moins sûr.

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Le fisc n’est pas assimilé aux travailleurs dans une PRJ!

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Commerce Mons dd. 27 octobre 2014.

Le Tribunal de commerce de Mons et Charleroi, division Mons est appelé à statuer sur l’homologation d’un plan de réorganisation judiciaire dans le cadre duquel des créances fiscales liées au précompte professionnel ont été reprises.

Le plan déposé par le débiteur prévoit un abattement global des créances à 30% des montants dû en principal par ce dernier. L’administration du précompte fait intervention volontaire et invoque un arrêt de la Cour de cassation du 16 avril 2014 pour faire valoir que les créances du précompte professionnel doivent être assimilées aux des créances de travailleurs qui sont protégées par l’article 49/1 de la loi du 31 janvier 2009 sur la continuité des entreprises.

Le Tribunal de commerce de Mons et Charleroi, division Mons, déboute l’administration fiscale des contributions directes.

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La procédure en réorganisation judiciaire : procédure salvatrice ou antichambre de la faillite ?

Cabinet d'avocat HAVET Réorganisation judiciaire
La réorganisation judiciaire ou PRJ permet de sauver de nombreuses entreprises de la faillite

La procédure de réorganisation judiciaire succède au concordat judiciaire depuis l’adoption de la loi du 31 janvier 2009 qui l’a introduite dans l’arsenal législatif belge. Cette procédure est souvent largement décriée car elle est souvent mal utilisée et conduit bien trop souvent à la faillite.

A contrario si elle est bien utilisée, elle présente le mérite d’offrir un peu de répit aux entreprises en difficultés qui souhaitent réorganiser leurs activités et de redémarrer sainement après un passage à vide.

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Factures impayées : mode d’emploi

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L’expérience démontre que de nombreuses faillites ou procédures en réorganisation judiciaire introduites trouvent leur source dans l’encours clients. Il est particulièrement malaisé dans certains secteurs, notamment lorsque l’on est un sous-traitant, d’exiger de ses clients avec lesquels des contrats réguliers sont conclus, qu’ils payent en temps et en heure. Ces derniers en profitent donc bien souvent pour trainer et payer avec de nombreux mois de retard…

Ces situations deviennent parfois dramatiques lorsque la société manque de cash flow et ne peut plus faire face au factures impayées vis-à-vis de ses propres fournisseurs alors même qu’elle dispose d’importantes créances commerciales impayées.

Il est indispensable de prendre des mesures contre ces mauvais payeurs qui mettent en péril la santé financière de votre entreprise.

Les conditions générales indiquées sur votre facture.

Les conditions générales peuvent toucher à de nombreux aspect de la relation contractuelle qui vous lie avec votre cocontractant, elles peuvent prévoir des règles liées aux modalités de la garantie, de l’éventuelle résolution ou résiliation du contrat, etc. Ces règles doivent être souvent modérées lorsqu’elles visent des consommateurs.

Dans le cadre de ce bref article, seules les conditions qui ont un impact essentiel sur le paiement de votre facture seront décrites.

La clause pénale

La clause pénale prévoit une indemnité forfaitaire, souvent fixée sous la forme d’un pourcentage (10 à 15%) du montant total de la facture avec un montant minimum destiné à couvrir une partie des frais de recouvrement en cas de non paiement à l’échéance de celle-ci.

Cette clause est largement acceptée et permet de rémunérer votre conseil sans imputer le montant de votre facture, lorsqu’il intervient pour récupérer vos impayés.

Les intérêts de retard

Les intérêts de retard en cas de non paiement peuvent être fixés directement dans la facture, il est essentiel d’en déterminer la hauteur si l’on souhaite dépasser l’intérêt fixé en matière commerciale (8% actuellement). Le taux de ces intérêts ne devra cependant pas être trop élevé, sous peine d’être réduits par le juge, cette remarque vaut également pour la clause pénale.

Il est essentiel également de se dispenser de mise en demeure préalable et de prévoir que tant les intérêts de retard, que l’indemnité forfaitaire seront dus à l’échéance de la facture « sans mise en demeure préalable ».

La détermination du juge compétent

Facilitez la vie du conseil qui sera chargé de récupérer en justice vos impayés : prévoyez que seules les juridictions de l’ordre judiciaire du lieu où est établi le siège social de votre société ou de votre activité seront compétentes.

Tenez une comptabilité rigoureuse et n’attendez pas avant d’envoyer vos rappels

Les factures sont en général payables dans le mois en matière commerciale, si vous ne prévoyez pas un délai différent, assurez-vous d’un suivi précis des factures en attente et n’attendez pas pour envoyer un premier puis un second rappel courtois, mais ferme, dans lequel vous inviterez votre débiteur à régler votre facture.

A ce stade, vous pourriez déjà exiger les indemnités prévues dans vos conditions, bien entendu, il n’est pas nécessaire de chercher à irriter un client qui pourrait ne plus avoir envie de s’adresser à vous à l’avenir. La modération s’impose.

Procédez au recouvrement systématique de vos créances impayées.

Ne laissez pas vos factures impayées après un ou deux rappels : soyez rigoureux et montrez à vos clients que vous entendez être payé en confiant le recouvrement de vos factures à un professionnel (un avocat par exemple). Cette démarche ne doit pas être perçue comme agressive. La santé de votre activité économique l’exige, votre crédit aussi : ne laissez pas à vos débiteurs la possibilité de prendre de mauvaises habitudes en terme de paiement à votre égard.

Le coût que représentent les honoraires de votre serviteur sera d’ailleurs compensé par les clauses insérées dans vos conditions générales que vous aurez inséré dans votre facture et qu’il ne se privera pas d’opposer à vos débiteurs.

Pour toute information complémentaire : j.havet@avocat.be

Présentation

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Le cabinet conseille et défend ses clients dans les domaines du droit fiscal et du droit des affaires. Facile d’accès, implanté à Waterloo en plein cœur du Brabant Wallon, à deux pas de Bruxelles, Nivelles, Mons et Charleroi, le cabinet conseille et défend tant les particuliers que les professionnels dans toutes leurs questions juridiques et procure aux entreprises un accompagnement constant tout au long de leur vie.

Nous disposons également de bureaux à Bruxelles et pouvons vous y recevoir, le cabinet est intégré à l’association www.solitis.be 

Le cabinet conseille ses clients pour toute question fiscale liée à l’impôt des personnes physiques, à l’impôt des sociétés, à l’impôt des personnes morales, à l’impôts des non-résidents, à la TVA et les droits d’enregistrement.

Le cabinet assiste également les entreprises au quotidien pour tout type de question liée au droit des sociétés, au droit fiscal ou au droit commercial qui peuvent se présenter. Dans cette optique, Le cabinet attache une importance toute particulière à la recherche de solutions pragmatiques et rapides.

N’hésitez pas à prendre contact, de préférence par courriel pour toute information complémentaire à l’adresse : j.havet@avocat.be ou par téléphone au +32 (0)2 318 42 16

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